12 août 2016

Passer la nuit sur le lac Titicaca à Amantani | Une expérience à vivre

Le lac Titicaca

Le lac Titicaca sera notre dernière étape avant de quitter le Pérou. C’est donc à partir de Puno que nous partons à la découverte des célèbres îles péruviennes du Lac Titicaca : les îles Uros, Amantani et Taquile.

Marcher sur le sol mouvant des îles Uros

Iles Uros sur le lac Titicaca
Nous commencerons notre visite par les îles Uros. Ces îles artificielles sont un peu particulières car elles flottent ! Un curieux concept qui fonctionne pourtant depuis plusieurs centaines d’années.

Un peu d’histoire…

À l’origine, ces îles ont servi de refuge au peuple Uros pendant la conquête Inca. Elles sont devenues, petit à petit, un véritable mode de vie pour cette civilisation. Situés initialement coté Bolivien, les Uros ont dû suivre la migration du poisson pour survivre. Ils se sont donc rapprochés peu à peu du côté Péruvien, jusqu’à migrer définitivement aux abords de Puno.

Bienvenue aux îles UrosNotre arrivée sur les îles Uros du Lac Titicaca

C’est après une petite heure de bateau que nous apercevons les premières îles flottantes. Avant de descendre du bateau, le guide nous explique brièvement comment fonctionnent les îles et leurs habitants. 

À l’extérieur, on aperçoit les familles de chacune des îles sur le pied de guerre. Elles sont toutes prêtes à nous recevoir. Et quant à celles qui ne le sont pas, c’est qu’un bateau a déjà accosté… 

Le « partage » des touristes se fait équitablement : c’est chacun son tour, pour ne pas faire de jaloux !

Les premiers pas sur l’île sont assez curieux, le sol est spongieux. On ne sait pas trop si l’on marche sur un radeau ou sur un sol très marécageux. Ensuite, le guide nous invite à nous asseoir pour nous expliquer comment sont construites ces îles.

Des îles 100% roseaux

Maquette des îles Uros
Bon j’avoue, j’en rajoute un peu. En faite, ce n’est pas vraiment 100%, c’est plutôt 90%. Car pour que ces îles flottent avec tout le poids, il faut bien autre chose que du roseau. Et cette autre chose, c’est la tourbe ! En effet, la base immergée de ces îles est en tourbe. On y ajoute entre deux et trois mètres d’épaisseur de roseaux par-dessus et ça donne une île flottante.

La durée de vie d’une île flottante en roseau est de 50 à 60 ans.

Par contre, le souci c’est qu’une île flottante, ça dérive. Les habitants sont donc obligés de fixer leurs maisons à de gros bâtons d’eucalyptus plantés dans le sol pour de ne pas partir trop loin.

L’attraction touristique par excellence !

Bateau Uros sur le lac Titicaca
Après cette explication des plus intéressantes, la visite se transforme en attraction touristique. On nous propose de visiter les maisons des habitants, d’acheter leurs artisanats et, encore mieux, de tester le bateau en roseau pour 10 NS…

Mouais… On va peut-être se contenter du bateau qu’on a déjà payé une cinquantaine de soles.

Ninon prend tout de même un bracelet, histoire de donner un petit quelque chose aux habitants, puis nous repartons en bateau. Mais ce n’est pas fini avant de partir, il faut bien passer par la case « restaurant ». Le bateau s’arrêtera donc une trentaine de minutes sur l’île réservée aux restaurants, au cas où vous ayez faim !

Touristique mais captivant !

Mon ton peut paraître un peu ironique… Sûrement parce que toute cette mise en scène me fait un peu sourire ! Il faut savoir que tout cela fait partie du folklore péruvien. Ils en font parfois un peu trop mais c’est aussi pour ça qu’on les aime.

Et il est vrai, aussi, que cette visite est très touristique (et nous le savions). Mais nous ne regrettons absolument pas de l’avoir faite car elle s’est révélé très instructive.

Dormir chez l’habitant à Amantani

Dormir chez l'habitant sur Amantani
Après les îles Uros, nous nous dirigeons maintenant vers Amantani. Nous sommes à plus de trois heures de navigation de l’île, c’est le moment idéal pour faire une petite sieste au soleil bercé par le roulis du bateau.

Notre rencontre avec la famille Silvirio

Nous arrivons enfin sur Amantani. Tout comme sur les îles Uros, les familles nous attendent de pied ferme. Mais ici, c’est un peu différent. L’ambiance est un peu plus pesante. On sent un peu de gêne et surtout beaucoup de timidité. Les regards sont fuyants et les paroles plutôt absentes.

Tout comme sur les îles Uros, la répartition n’est pas faite au hasard, elle doit être équitable.

Le guide nous place dans différentes familles, puis nous nous éparpillons dans tout le village. Nous passerons la nuit chez la famille Silvirio sur les hauteurs du village. Nous avons une vue imprenable sur le lac. Enedora, la mère, et Cari, la fille, nous accueillent. Mais sans plus tarder que le père nous rejoint. Et, sans compter l’arrivée de Juli, la petite fille, qui rentre de l’école. C’est bon la famille est au complet, les présentations sont faites.

Tous les jours, cette petite fille fait plus de deux heures de marche pour aller à l’école !

Maison pour dormir à AmantaniUn petit nid pour passer la nuit

La demeure de cette petite famille est tout à fait agréable. Les moutons, le potager et la petite cour intérieure lui donnent un véritable charme. Seul hic (si on peut dire), c’est que la maison est à l’échelle péruvienne… Autrement dit, les plafonds ne sont pas bien hauts, Keuvin et Jo devront baisser la tête à chaque passage de porte. Ils n’ont qu’à pas être aussi grands !

Après avoir pris nos marques dans notre nouvelle chambre, nous sommes invités à manger. Soupe de quinoa, riz et légumes, le repas péruvien par excellence et pour finir un maté. Mais pour une fois ce n’est pas de la coca, car ici elle ne pousse pas. C’est une plante qui ressemble visuellement au thym mais qui a un goût de citron.

Après ça, touristes obligent, c’est le moment de nous présenter les créations de la famille. Tout d’abord, elle nous explique son travail de tissage. Puis, nous propose d’en acheter.

Et c’est là qu’un interminable silence survient. Les gars, très peu passionnés par les chiffons, attendent que ça passe. Quant à Ninon, un peu gênée par la situation se sent un peu obligée d’acheter quelque chose. Elle prendra donc (encore) un bracelet.

Grimper jusqu’au temple de la Pachamama

Après ça, il est temps de rejoindre les autres pour monter jusqu’au temple de la Pachamama. Tout le monde se rassemble près du terrain de foot du village et c’est parti pour une quarante minutes de grimpette à plus de 4000 mètres d’altitude. Tout au long du chemin, les stands d’artisanat s’enchaînent.

Il y a deux temples sur les hauteurs de l’île, celui de la Pachamama (Terre-mère) et celui de la Pachatata (Terre-père).

Coucher de soleil sur le lac Titicaca
La montée se fait tranquillement, malgré le manque d’oxygène et le froid qui commence à se faire ressentir. Arrivée en haut, la vue est magnifique. Quant au temple, il est fermé aux touristes… Mais pour tout vous avouer, ce dernier n’avait pas l’air d’avoir un grand intérêt. Il sert surtout de lieu de prière aux locaux. L’intérêt principal est, bien entendu, la vue.

En attendant la soirée

Après ce superbe spectacle, nous redescendons tranquillement. De retour chez les Silvirio, toute la famille nous attend, mais le papa manque à l’appel… En effet, ce dernier, malade depuis quelque temps, a fait une rechute. Il a de la fièvre, il est au lit. Sa fille nous explique que le médecin est à 3h de marche d’ici et que ça coûte très cher.
Elle nous demande aussi, si on n’a pas de médicaments. Nous avons du Doliprane, ça devrait faire l’affaire. Puis, vient l’heure de manger : soupe de riz et petits légumes… Eh oui, au Pérou, on mange très souvent la même chose. Une fois le repas finit, Juli (la plus jeune) s’empresse d’aller chercher les vêtements traditionnels pour nous habiller. Car oui, nous devons aller à la soirée habillé en péruvien, c’est la condition !

Enedora et Juli jouent à la poupée avec nous. Elles nous habillent de la tête aux pieds. Nous sommes fin prêts, il est l’heure de partir. Toutes deux nous accompagnent pour aller danser.

Une soirée à l’image du Pérou

Soirée sur le lac TiticacaÀ notre arrivée, tout le monde est déjà là. Tous les touristes, qui étaient avec nous, sont présents, accompagnés de leur famille. On se regarde tous dans le blanc des yeux… La musique commence et toujours personne ne lève le petit doigt. Au bout de cinq longues minutes, l’une des locaux lance la danse et c’est parti.

Elle amène avec elle deux trois personnes qui a leur tour prendre deux trois personnes. Et maintenant, c’est Enedora qui nous propose d’abord une danse. Le ballet commence, les filles tournent sur elles-mêmes pour faire voler les jupes. Quant aux garçons, ils font des mouvements de jambes. Sans oublier qu’il faut, en même temps, tenir la main de ses voisins et avancer.

Après deux-trois chansons, ce n’est plus Enedora qui nous pousse à aller danser c’est Juli, la plus petite ! Elle a d’ailleurs l’air de passer un très bon moment. Et à la fin, nous nous prenons au jeu. C’est à nous de lancer la danse ! On emmène Enedora et Juli et c’est reparti pour un tour.

Après deux heures à se défouler, il est temps de rentrer. Juli a école demain, Enedora commence à être fatigué et nous sommes un peu essoufflés. Au final, nous partirons quand même les derniers de la salle.

Des adieux aux allures de séances photos

Ce matin, c’est le départ. On se lève aux aurores. Un petit brin de toilette et on est prêts. Durant le petit déjeuner, on sent que le père, qui va nettement mieux, nous tourne autour… 

Pour vous replacer dans le contexte : quand on va dormir chez l’habitant sur Amantani, il est très fortement suggéré d’offrir un présent (utile) à la famille. Par exemple, des produits de toilette, des fournitures scolaires ou tout autre chose qui pourrait les aider dans leur quotidien.

Nous avons fait notre devoir en prenant quelques échantillons de produits de toilette. Mais ce n’est pas tout. Ninon, qui avait acheté une imprimante portable avant de partir, tenais à leur offrir une photo d’eux. D’ailleurs, la veille, par peur que Juli part trop tôt à l’école, nous avions imprimé une photo d’elle et de sa grand-mère.

La Famille Silivirio

Et c’est bien pour cela que le père nous tournait autour… Il avait vu cette photo imprimée et mourrait d’envie de nous en demander une autre. Le petit déjeuner est fini, la séance photo peut commencer. À peine on sort notre appareil photo que toute la famille disparaît… « Mais où sont-ils tous passés? ».

Quelques instants plus tard, nous comprenons… Ils étaient tous partis mettre leurs habits traditionnels pour la photo. Tout le monde s’agitent car c’est bientôt l’heure de partir, mais il faut faire la photo avant ! Même le père en oubli sa timidité pour nous demander une photo de lui tout seul.

On se met tous sur son 31 pour faire la photo de famille !

Trois-quatre clichés plus tard, tout le monde est ravi et a sa petite photo. Ils ont tous le sourire, ça fait plaisir ! Mais il faut écourter ce moment touchant car nous sommes déjà en retard. Un adieu rapide et nous reprenons la route.

Profiter de la superbe vue sur le Lac Titicaca à Taquile

L'île de Taquile
Après ce moment fort en émotions, nous partons en direction de Taquile. À peine une heure de bateau et nous sommes arrivés. L’île est toute en hauteur et plus nous montons plus la vue est magnifique. De petites arches en pierre ponctuent le chemin. Puis nous arrivons sur une petite place. Ici se trouve la SEULE fabrique de textile du pays, tissé par des hommes.

Ils ont même tendance à dire que leurs tissages sont de meilleurs qualités car ils sont tissés par des hommes !

Le village est très agréable, on s’y arrête quelques minutes avant de rejoindre le restaurant où nous mangerons ce midi. Après ça, il est l’heure de rentrer, nous redescendons tranquillement de l’île pour reprendre le bateau. Et deux heures plus tard, nous voilà de retour à Puno.

Les habitants du lac TiticacaQuelques infos sur les habitants du Lac Titicaca

  1. La couleur des jupes définit l’appartenance à une communauté,
  2. De même que pour les jupes, le tissu noir présent sur la tête des femmes (comme Ninon portait la veille) est brodée en fonction de la communauté,
  3. La couleur et le motif des bonnets des hommes traduisent de leur statut social : célibataire, marié, etc…,
  4. Tous les habitants ont un petit sac en tissu spécialement conçu pour emporter partout sa coca. Car sur l’île de Taquile par exemple, elle a une véritable valeur sociale. Si tu dis « Bonjour » à quelqu’un, tu vas lui en donner, pour lui dire « Merci » ou « Au revoir », c’est pareil. Les habitants passent leur temps à échanger de la coca,
  5. Les femmes tissent le textile avec de la laine d’alpaga, de lama et parfois même avec leurs propres cheveux.

Infos pratiques pour visiter les îles du Lac Titicaca

Infos Pratiques
Nous avions entendu parler qu’on pouvait réserver directement le transport en bateau sur le port. Il fallait trouver ensuite une famille sur l’île pour l’hébergement. Mais en comparant avec le prix que nous proposait notre hôtel, il était plus simple de prendre en tour. C’est donc ce que nous avons fait.

Malheureusement, ce n’est qu’après que nous avons appris que les tours organisés donnent une participation moindre aux familles. C’est pour cela qu’il est préférable de faire cette sortie par soi-même en réservant le bateau séparément du logement. Et pour ce qui est de trouver un hébergement à Amantani. J’ai lu que ce n’était pas un problème. En arrivant sur l’île, il suffit de demander à n’importe qui « Où puis-je passer la nuit ? ». Et on vous trouvera une famille en moins de deux.

Ah oui, j’allais oublier… Il faut savoir que cette excursion est très touristique, tout est très planifié. Cela peut faire peur, mais l’expérience est quand même incroyable. Bien que nous n’ayons pas aimé ce côté « Attraction touristique », nous conseillons à tous ceux qui aime le Pérou de passer cette nuit sur le lac Titicaca ! 

2 réflexions au sujet de « Passer la nuit sur le lac Titicaca à Amantani »
  1. Le , cevero a dit :

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour ce blog, riche en informations, très intéressant !!

    Voila, j’espère que vous allez pouvoir m’aiguiller car nous sommes perdu sur notre organisation lorsque nous seront à Puno/ lac titicaca pour octobre 2018.

    Pour expliquer rapidement, nous partierons de Cusco direction Puno (arrivée à 4h30 ) pour dormir quelques heures dans le même hôtel que le votre, Posadas. Puis nous aurons seulement 1 journée et 1 nuit sur les îles du lac (par manque de temps).
    Ensuite nous devrons prendre le lendemain à 6h00 un bus direction chivay (c’est le seul)..

    Donc je souhaiterais savoir s’il existe un départ d’amantani autour de 3h00 direction Puno (le but étant de rejoindre le bus à 6h) ?
    Et est ce que l’on est obligé de passer par taquile si l’on veut faire uniquement uros puis amantani ?

    Merci beaucoup pour vos réponses,
    Bonne journée
    Soizic

    1. Le , Ninon & Keuvin | Backpackadeux 1 a dit :

      Bonjour Soizic,
      Pour ce qui est du trajet Amantani à Puno, c’est à peu près certains qu’il n’y en a pas. Par contre, oui vous pouvez tout à fait trouver un bateau qui ne vous amène que aux îles Uros et Amantani. Par contre, je pense qu’avec un départ à 6h le matin de Puno, il vaut mieux oublier la nuit à Amantani ou rallonger votre séjour sur le lac. Désolé, j’espère vous avoir un peu aidé. A bientôt

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