Nous n’avons pas aimé les mines de Potosi | Pourquoi ?

Visiter les mines de Potosi

Les mines de Potosi font souvent parti des incontournables de la Bolivie et pourtant la visite est loin d’être éducative ! Nous avons longuement hésité à faire cette visite. Nous étions tiraillés entre le véritable intérêt et le voyeurisme de la situation. Et après de longues recherches, nous nous sommes accordés à dire que c’était à nous de faire de cette visite un véritable intérêt… Malheureusement, ça ne s’est pas passé ainsi ! On vous raconte ça…

Avec quelle agence sommes-nous partis ?

Avant même de franchir le pas d’une des agences qui proposent le tour des mines de Potosi. Nous nous sommes beaucoup renseignés sur internet. Il y a de tout : du bien, du pas bien, du très bien… Et même quand on se fixe sur une agence et un guide, il est impossible de se faire un véritable avis. L’ambiance dépend vraiment de l’humeur du guide.

Nous avons donc décidé d’écouter les avis qui nous entouraient. Notre hôtel (la Casona) proposait lui aussi le tour des mines de Potosi. Et d’après ce que l’on a entendu, tout le monde était satisfait de cette excursion.

Après avoir fait deux trois agences, nous nous sommes vite rendus compte que tous les discours étaient plus ou moins les mêmes. Dans tous les cas, ce sont des anciens mineurs, qu’il y a entre 20% et 30% du prix qui est reversé aux coopératives…

Bref, on ne sait pas qui dit vrai et qui dit faux. On va donc tenter le tour des mines de Potosi de notre hôtel… Mais quelle erreur n’avions-nous pas fait là !

Nous sommes sur le départ pour les mines de Potosi

Départ pour les mines de Potosi
C’est le jour J, il est 8h30, nous sommes impatients de découvrir cet univers si particulier. D’en apprendre un peu plus sur ces hommes qui se tuent à la tâche dans des conditions déplorables. Et pourquoi pas essayer de leur apporter un peu de notre aide, en leur fournissant du matériel et des médicaments…

La veille nous avions pris soin d’acheter des comprimés de paracétamol pour en distribuer aux mineurs. Car ici, les médicaments coûtent très chers et les gens n’ont pas forcément les moyens de se soigner. Et nous avions racheter de la coca à l’un des touristes qui avaient fait les mines de Potosi quelques jours plus tôt. Nous étions prêts.

Juste le temps d’enfiler les combinaisons (pantalon, veste, lampe, casque et sac) fournies par l’hôtel et nous partons.

Un arrêt au magasin pour acheter des cadeaux

Acheter des cadeaux aux mineurs
Avant de nous diriger vers les mines de Potosi, nous faisons un petit arrêt (comme toutes les agences) au marché des mineurs.

La présentation des cadeaux à acheter

Sur la table, devant la boutique, sont étalés quelques produits pour offrir aux mineurs. Il y a des jus de fruits, de l’alcool pur, de la coca et de la dynamite. Le guide nous présente chacun de ces produits…

  1. Les jus de fruits sont pour couper l’alcool pur,
  2. L’alcool pur aide les mineurs à tenir le coup,
  3. La coca leur fournit une dosse d’énergie supplémentaire et coupe la faim,
  4. Et la dynamite, c’est pour exploser les parois de la mine.

Le guide nous précise en rigolant : « Ne vous inquiétez pas les mineurs boivent de l’alcool pur que dans la mine. Quant ils sortent, ils boivent de la bière…« 

Après ces explications très brèves, c’est l’heure de la mise en scène… Il nous propose donc de goûter l’alcool… « Sans façon ! » Tant pis, il trinquera tout seul et boira son bouchon d’alcool pur. Ensuite, il faut tester la coca, mais tout le monde connaît déjà. Et maintenant, c’est la dynamite… Là, ça sera donc une des filles qui nous accompagne qui sera cobaye.

Notre guide lui met plusieurs bâtons de dynamite dans la ceinture et joue avec son briquet juste à côté d’elle… Tout le monde est un peu gêné. Il nous explique que dans les bâtons, il n’y a aucune matière explosive. Même si on ne risque rien… La dynamite n’est pas un jeu. On ne voit pas l’intérêt de faire ça à part amuser les touristes. Et le pire c’est que je crois que ça marche car tout le monde éclate de rire sauf nous…

Notre guide nous dit que si jamais on veut voir une démonstration de dynamite, c’est à nous d’acheter tout le matériel. On croise les doigts pour que personne n’est la bêtise d’acheter de dynamite…

On passe aux achats pour les mineurs

Tout le monde achète un peu de tout. De la coca, de la dynamite pour en donner aux mineurs, des jus et des gants (qui n’ont pas fait partis de la présentation). Nous prenons deux bouteilles de jus de fruit et deux paires de gants en plus de la coca et des médicaments que nous avons déjà. D’autres ne prennent juste qu’un sachet de coca…

Heureusement, personne n’a acheté d’alcool… Nous n’allons pas en plus alimenter l’alcoolisme des mineurs.

Jouer avec les outils des mineurs

Les mines de Potosi sont un véritable safari
Tout le monde a acheté ses cadeaux, maintenant, direction la mine. Nous arrivons devant l’entrée, plusieurs mineurs nous entourent. Certains sont en pause, d’autres s’activent au travail. Puis, notre guide s’éclipse pendant une quinzaine de minutes. Il dit que l’on peut jouer avec les chariots des mineurs en attendant.

Tous les membres du groupe passent donc tour à tour dans le chariot pour jouer dedans et se prendre en photo. Ils se tordent de rire, parlent fort comme si ils étaient tout seuls. Sauf qu’ils ont oublié qu’ils sont entourés de dizaines de gens dont c’est le métier et qui luttent tous les jours avec ces chariots pour gagner leur peau.

Entre temps, deux mineurs sont sortis de la mine, poussant ce même chariot remplit de cailloux (pesant près d’une tonne….). Et ça ne les a même pas dérangé.

Et maintenant, que la visite commence…

La visite des mines de Potosi commence
Le guide revient, la visite va commencer. On allume tous nos lampes et c’est parti. Nous avançons à la queuleuleu, le plafond est de plus plus bas. Quant à la lumière du jour, elle nous a quitté à seulement quelques mètres de l’entrée. Dans certains passages, il y a la place que pour faire passer le chariot et pas un centimètre de plus. C’est la qu’on voit que le casque est vraiment nécessaire.

El Tio le dieu de la mineLa rencontre avec El Tio

Un peu plus loin, on dévie de notre chemin pour saluer El Tio avant de s’enfoncer plus dans les tunnels. On ne pouvait pas visiter les mines de Potosi sans rencontrer El Tio, le « dieu » (si on peut l’appeler ainsi) de la mine.

Ce dieu est en faite une représentation du diable censée protéger les mineurs et leur apporter de la chance pour trouver les bons filons. On boit en son honneur, on lui donne alcool, de la coca, des cigarettes et parfois même on lui sacrifie un lama.

Notre guide nous demande notre sachet de coca pour en faire don à El Tio. Il disperse 3-4 feuilles et garde le reste pour lui… Il en mâchera, d’ailleurs, durant tout le tour sans jamais en donner aux mineurs.

Puis, il nous fait remarquer la présence du pénis assez proéminent. Il nous explique qu’il fait référence au machisme des mineurs et à la fertilité que El Tio peut leur apporter. De plus, il nous dit que dans les faits, une femme n’a pas le droit de rentrer dans les mines c’est signe de malheur. C’est pour cela que l’on ne descendra pas plus bas…

Bizarre, d’après ce que l’on a lu, tous les tours descendent dans la mine… Peut être une excuse pour pas se fouler.

Les touristes d’abord !

Dans certains commentaires trouvés sur internet, nous avions vu que certaines agences, pour ne pas gêner les mineurs, faisaient courir les touristes afin de laisser passer les chariots. Ce qui est très bien. Leur métier est déjà dur, on ne va pas en rajouter. Ici pas de ça. On entend un chariot au loin, pas de soucis pour notre guide. On s’engage sur le chemin. Les mineurs devront s’arrêter car ils ne peuvent plus avancer à cause de nous.

Faire joujou avec de la dynamite

Faire exploser de la dynamite
Après ça, on s’engage dans l’une des branches de l’artère principale. Le guide demande si quelqu’un a acheté de la dynamite pour essayer… On croise les doigts pour que personne n’a été aussi bête que ça. Pas de bol, ils ont tous prévu de faire le test…

Que veux-tu faire ??? On est 2 contre 10 personnes !

À ce moment, on meurt d’envie de rebrousser chemin… Mais peut être louperons-nous une superbe visite après ça… Nous ne voulons pas regretter, nous allons donc rester. Et surtout, il fallait pouvoir parler de cette visite, si il y avait besoin de mettre en garde d’autres voyageurs…

Le guide prépare donc la dynamite sous les yeux émerveillés des autres touristes. Je ne comprends ce qui leur plaît dans cette démonstration. Est-ce l’adrénaline que ça leur procure ou sont-ils vraiment bêtes pour ignorer que tous les jours des gens meurent dans le monde à cause de ce genre d’engins… Ce n’est pas un jeu !

Peu importe ce que l’on pense, eux, n’ont pas l’air de voir le problème. Une fois que le guide a fini, il propose à l’une des filles du groupe de faire une photo avec la mèche allumée.

Non mais attends, ils sont vraiment tous aussi cons que ça ??? Comment c’est possible !

À peine le temps de soupirer, en regardant la scène, que la mèche est déjà allumée… La fille rigole bêtement et lâche la dynamite. Nous courrons vers l’autre extrémité du tunnel. La détonation retenti… Le boom a retourné notre cœur. C’est comme s’il s’était arrêté un quart de seconde. C’était presque douloureux à l’intérieur. Une sensation horrible que l’on ne voudrait jamais revivre !

Et après, c’est tout le corps qui se charge d’émotion, la gorge qui se sert et les yeux qui se fondent en larmes… Pas de doute, nous avons pensé à ces milliers de gens qui meurent à cause de ces engins de guerre et ça nous a bouleversé.

Pour précisez, nous avons visité les mines de Potosi le 14 juillet 2016… Le matin même nous apprenions le drame qui avait secoué Nice et toute la France. Nous avons forcément repensé à la tragédie qui a touché la France le 13 Novembre 2015….

On a d’ailleurs eu beau expliquer au guide que ça ne nous faisait pas rire du tout au vue que tout ce qu’il se passait en France et ailleurs. Peut importe, ça fait rire le touriste c’est le principal !

Le seul moment intéressant : les explications

Comprendre comment fonctionne les mines de Potosi
Tout le monde s’en fout et continuent son chemin. Nous sommes dépités… Mais bon, il faut bien passer outre. Nous avançons dans des tunnels de plus en plus étroits. Nous passons les uns après les autres dans des cavités toujours plus petites. Puis nous retournons enfin sur l’artère principale.

Un mineur nous rejoint. Le guide nous explique comment se passe le travail ici. Que les mineurs dépendent tous d’une coopérative à qui ils doivent près de 25% de leur bénéfice. Peut importe le temps qu’ils travaillent, ils sont payer au rendement. Si ils ont le bon filon alors c’est jour de paye sinon, il faudra trimer plus pour trouver un filon !

Les mines de Potosi comptent près de 15 000 mineurs répartis dans 37 coopératives différentes.

Après cinq minutes à parler avec ce timide travailleur (qui n’a dit au final dit que trois mots car notre guide a monopolisé la parole). Nous lui offrons des gants et du jus d’orange avant qu’il reparte au travail.

Un parc d’attractions pour touristes

Un peu plus loin, notre « super » guide stoppe un chariot que des mineurs s’efforçaient à le pousser. C’est encore l’heure d’amuser les touristes. Maintenant, vous devez pousser le chariot. Tout le monde monte dedans et deux personnes le poussent. Outrés de faire perdre leur temps à ces mineurs qui n’auraient qu’une envie c’est de rentrer chez eux. Nous ne participerons pas à cette mise en scène ridicule.

Tout le monde rigole, tout le monde glousse, même des poules dans leur poulailler feraient moins de bruit que ça. Nous sommes consternés par ce que nous voyons. Il n’y a aucun respect pour ces pauvres gens qui se tuent à la tâche. On se croiraient au zoo.

Malgré ce que l’on s’était dit, nous n’arrivons pas à faire de cette visite autre chose que du voyeurisme ! Nous sommes dégoûtés !

Aussi intéressant que perturbant

Le filon de Plata
Dernière étape de cette visite : le filon de « Plata » (d’argent). Là, les mineurs s’activent. Il faut se dépêcher de l’épuiser, car il ne faut pas le laisser sans surveillance tant qu’il reste de l’argent, au risque de se le faire piquer !

Il y a donc deux mineurs qui nous parlent à tour de rôle. L’un est à côté du chariot et paraît quelque peu éméché et l’autre, fait des aller-retours au fond du tunnel. Presque dès notre arrivée, l’un des deux (étonnamment pas celui qui a l’air déjà saoule, l’autre) nous demande si on a ramené des cadeaux… Nous trouvions ça déjà bizarre d’être obligé d’acheter des cadeaux et en plus, qu’on nous les réclame, je trouve ça vraiment limite.

Nous lui donnons donc une autre paire de gant. « Et de l’alcool ? Vous n’avez pas d’alcool ? » Le guide répond pour nous « Personne n’en a acheté ». Ils paraissent presque indignés… Que dire ?

Nous avions acheté des médicaments pour donner aux mineurs… Nous leur en avons donné et ils nous ont presque ri au nez. Il y a vraiment une chose que l’on a loupé, c’est pas possible. Soit c’est tous les gens autour de nous qui délirent ou c’est nous qui sommes à côté de la plaque… C’est pas possible ?!

Bref… Après ça, nous commençons à parler avec ces deux mineurs. Les questions s’enchaînent, les deux travailleurs répondent tout naturellement à nos questions. Ils en redemandent même, ça doit changer un peu leur routine quotidienne, j’imagine. Puis une quinzaine de minutes plus tard, il est l’heure de partir (ENFIN) !

ENFIN, c’est terminé ! Nous quittons les mines de Potosi

On part ENFIN !
Nous quittons la mine, heureux que ce tour soit enfin terminé ! Nous sommes extrêmement déçus par cette visite qui nous semblait pourtant intéressante ! Ils auraient pu faire de ce tour, un tour instructif qui aurait mis en lumière l’un des métiers les plus durs du pays. Au lieu de ça, ils en ont fait un business malsain où l’on joue avec le danger et où l’on se moque de ceux qui trime ici.

Et si c’était à refaire avec une autre agence… ?

On ne le referait pas ! Avec ce qu’on a vu, la peur de vivre, deux fois cette expérience, serait trop forte. Dans un autre lieu, dans un autre pays, peut être, mais surtout pas à Potosi, c’est devenu trop un business !

Si malgré tout, vous voulez toujours visiter les mines…

Et si tout ça ne vous a pas suffit, alors s’il vous plaît, prenez en compte nos recommandations.

  1. Ne prenez pas l’agence la moins chère. C’est une règle que nous avons découvert en Bolivie : moins tu payes cher, plus tu as de chance de tomber sur des rigolos.
  2. N’achetez pas d’alcool aux mineurs, on ne va pas en plus alimenter leur alcoolisme. La coca, par contre, n’a aucun effet néfaste et les aide à tenir le coup malgré des conditions de travail très difficiles.
  3. Ne demandez pas à tester la dynamite. Elle fragilise la montagne, qui est le lieu de travail de plus de 15 000 personnes. Une dynamite par groupe et par jour, je vous dis pas les dégâts… La montagne à déjà perdu 350 mètres de hauteur en 500 ans.

Vous souhaitez en apprendre plus sans visiter les mines…

Si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur les mines de Bolivie sans aller en visiter une,  Nacional de Moneda à Potosi ou au Museo del Tesoro à Sucre.

La Casa Nacional de Moneda

La Casa de Moneda
Construite par les Conquistadors, cette grande battis est d’époque et sert aujourd’hui de musée. On y apprend comment étaient fabriqué les pièces de monnaie, quelles étaient les conditions de travail et les magouilles des Espagnols. La visite est très instructive et interactive, et disponible en français. À ne pas manquer ! 

Pour en savoir plus, c’est par ici.

Le Museo del Tesoro

Museo del Tesoro
Hébergé dans l’ancienne maison d’un des plus riches propriétaires de mine de Potosi, à l’époque des Conquistadors, ce musée présente l’utilisation des différents minerais du pays. De l’extraction au bijou prêt à vendre, tout y est expliqué. La visite est très ludique, elle est disponible également en français et permet d’en apprendre plus sur le travail après les mines.

Pour en savoir plus, c’est par ici.



8 réflexions au sujet de « Nous n’avons pas aimé les mines de Potosi »
  1. Le , Itinera Magica a dit :

    Un t?moignage ?difiant, c’est dingue… Merci pour cette mise en garde !

  2. Le , ?lise Bernier a dit :

    Excellent article!

    Tr?s pertinent 🙂

    -Lively Barefoot

  3. Le , Delphine a dit :

    C’est juste aberrant parfois ce que l’on peut proposer aux « touristes », c’est vraiment particulier mais votre article est int?ressant et je comprends que vous n’ayez pas vraiment appr?ci?s, de m?me j’aurai eu bcq de mal.Encore un pi?ge ? touristes qui profite ? certains mais sans doute pas ceux qui sont vraiment dans le besoin…
    Bon continuation Ninon et Kevin,
    A bientot

    Delphine

    1. Le , Ninon & Keuvin | Backpackadeux 1 a dit :

      Oui tout ? fait, mais c’est dur de savoir lesquels sont bons et lesquels ne le sont pas :/
      Merci

  4. Le , oger a dit :

    J’ai ?galement visit? les mines de Potosi en 1984 …. et surtout ne pas prendre d’agence… Essayer d’aller ? la rencontre des mineurs (si c’est encore possible aujourd’hui ). En revanche tr?s bon accueil des Boliviens ..qui ne nous consid?rent pas forc?ment comme « des gringos ». Pas d’agence de voyage pour visiter ce pays que j’ai beaucoup aim?. Autre pays d’Am?rique latine int?ressants : Guatemala, P?rou…
    Bon voyage ? tous

    1. Le , Ninon & Keuvin | Backpackadeux 1 a dit :

      Merci pour ton commentaire. De faite, je ne sais pas si c’est toujours possible d’aller ? la rencontre des mineurs… Je confirme que pour ce qui est de l’accueil des Boliviens, il est parfois un peu timide mais au final, toujours chaleureux ! Et c’est s?r, il n’y a nullement besoin d’une agence pour visiter le pays, tout est tr?s facile. P?rou, nous avons ador?. Nous ne connaissons pas le Guatemala, mais peut ?tre un jour 😉
      Merci et ? bient?t

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