7 juillet 2018

Notre expérience de la ferme en Australie | On vous raconte tout

Travailler à la ferme en Australie

Notre expérience de la ferme en Australie n’a pas était très longue, comparé à certains backpackers. En effet, nous avons eu beaucoup de chance, nous avons trouvé assez rapidement LA bonne ferme. Mais cela ne nous a pas empêcher de tomber sur un extrême !

Notre première expérience de la ferme en Australie

Nous avons trouvé notre premier job à la ferme en Australie grâce à un coup de fil chez Harvest Trail. D’ailleurs, si vous souhaitez plus d’informations sur la recherche d’emploi en Australie, nous avons rédiger un article consacré à ce sujet, par ici. À première vue, l’offre est alléchante : 2,5$ le kg de cerise (2$ le kg est déjà un très bon prix), accommodation gratuite, des champs en perspective d’après Google Earth et du boulot pendant 1 mois et demi à deux mois. Tout ça donne envie !

Du rêve à la réalité

Accomodation gratuite : douche extérieur...

Dès le lendemain de cet appel fructueux, nous avons pris la route en direction de la ferme en question. Rendez-vous au nord du Victoria, à Glenrowan. En arrivant, nous sommes un peu perdu. Autour de nous, un bordel sans nom. Entre les machines rouillées qui traînent, les carcasses de voitures et les différents animaux (chèvres, chiens, chats…) qui airent ici et là, nous sommes dans un autre monde.

Nous découvrons l’accommodation gratuite en question. Un toilette dans un vieux hangar (qui se bouche quand il pleut beaucoup), une douche froide à l’extérieur qui n’est en faite que trois tôles assemblées avec un tuyau d’arrosage comme pommeau de douche. Et pour la cuisine, il ne vaut mieux pas avoir peur des insectes, de la poussière et de la saleté car elle en était recouverte. Heureusement pour nous, nous avons notre roof tent pour dormir, nous n’avions pas besoin de dormir dans l’une des caravanes abandonnées de la propriété, comme certains backpackers.

Et enfin, nous découvrons que les champs vu sur Google Earth (images datant de moins de deux ans), étaient un peu différents… Tous en friches, seul un subsistait, entretenu par des chèvres.

Une ferme proche de la fin

Après quelques recherches sur internet et au vu du matériels qu’ils avaient, nous avons cru comprendre que cette ferme était prospère, il y a quelques années. Mais ce n’était plus le cas, aujourd’hui.

Et il n’y avait pas que les champs qui étaient en friche, toute la ferme semblait s’effondrer. De même pour la famille… Notre patronne était une femme d’un certain âge, vivant seule avec ses deux filles dans une grande maison insalubre. À l’intérieur, chèvres, chiens et chats vagabondaient librement, laissant derrière eux excréments et odeurs nauséabondes au milieu du bazar et de la poussière.

Sans parler du fils, drogué et sans emploi, qui vivait avec ses deux enfants dans une caravane juste à côté de la maison. Voilà je vous laisse imaginer le décor. Au delà de ça, notre patronne était très gentille, bienveillante avec nous et toujours très arrangeante.

Un travail trop peu rentable

Les cerises ne sont pas rentables

Nous avons appris, lors de notre arrivée (un peu tard), que les paiements ne se faisaient que toutes les deux-trois semaines. Nous travaillions dur, de 7h à 15-16h, les horaires étaient flexibles. Nous pouvions travailler quand on le souhaitait. Certains jours, la patronne nous demandait de ne pas travailler pour laisser le temps aux fruits de grandir.

Chaque jour, au début tout au moins, nous avons essayé de positiver, d’espérer que les fruits grandissent bien et que l’argent rentre. Mais, la plus grosse journée que l’on est faite, ressemblait à 150$ pour 9-10h de travail à 2 ! Pas de quoi s’enflammer. La seule chose qui nous faisait rester, c’était que nous n’avions pas à payer d’accommodation. C’était donc une grosse économie juste pour ça.

Un bilan trop léger

On abandonne !

Après un énorme orage, le plus gros qu’il est connu en 100 ans, nous avions décidé de partir. Au moment où nous souhaitions en parler à notre patronne, elle nous annonce, que à cause de l’orage, les fruits ne sont plus bons. Ils ont trop soufferts avec la pluie, donc que la saison est terminée. Cela nous a facilité la tâche, car nous étions un peu gêné de la laisser, sachant que deux backpackers étaient déjà partis quelques jours plus tôt et qu’il n’en restait plus que deux après nous.

Au final, nous sommes restés deux semaines dans cette ferme, mais n’avons travaillé seulement sept jours. Et niveau financier, nous avons gagné seulement 850$ à deux, soit 425$ chacun pour 7 jours, à environ 8-9h de travail par jour. Ce qui n’est pas énorme (du tout) !

Un élan de démotivation, on change de plan

Après cette expérience en ferme, nous sommes un peu démoralisés. Nous n’avons pas envie de lutter pour vivre… Enfin plutôt, survivre avec ce genre de salaire. Peut être que les fermes c’est pas pour nous, on va tenter autre chose !

Ne souhaitant pas particulièrement obtenir notre second visa, nous ne sommes donc pas obligé de trouver une ferme en Australie pour travailler. Nous pouvons aussi chercher dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme ou tout autre chose… Nous testerons donc l’hôtellerie.

Nous en profitons pour remonter tranquillement vers la Great Ocean Road. Tout en faisant du tourisme, nous épluchons les offres d’emplois des différents sites internet (voir liste dans ce lien) et des tableaux communaux des supermarchés. Nous avons également envoyé quelques candidatures spontanées à droite à gauche… Qui ne tente rien, n’a rien ! Et enfin, nous atterrissons à Warrnambool, à l’ouest de la Great Ocean Road.

Peut être une piste…

Après quelques semaines à chercher, nous avons enfin une piste. Une des candidatures spontanées à portée ses fruits. Nous avons un entretien le lendemain, mais nous ne savons rien du travail.

L’entretien se passe très bien. Keuvin serait à la laverie et Ninon au ménage des chambres. Tout cela payé à l’heure bien sûr. En pleine saison, nous pouvons faire près de 40 heures semaine. Et la pleine saison commence dans une semaine, plutôt une bonne nouvelle pour nous. Nous sommes invités à faire un test le lendemain de l’entretien. Super !

Une piste… ou pas !

Le lendemain, nous travaillons de 8h à 12h du mieux que nous pouvons. Une fois terminé, la manager nous explique qu’elle a des doutes sur notre efficacité. Elle souhaiterait nous faire faire un second test… Deux matinées gratuites ?! Ça fait beaucoup mais si c’est pour un bon boulot après, ok ! Et elle rajoute, le second test sera dans une semaine…

Quoi ça veut dire que pendant une semaine on est bloqué ici à rien faire ?

Ok, bon on a galérer à trouver un truc, on va être un peu plus patient. On attend deux trois jours dans un free camp non loin de la ville. Et trois jours avant notre second test, la météo se gâte, la pluie et le vent se lèvent, c’est moins joyeux. Nous commençons à prospecter pour trouver un camping pas cher dans le cas où nous serions pris. On voudrait loger pas très loin de l’hôtel mais ne pas à avoir à dépenser tout ce que l’on gagnera dans un hôtel.

Bonne ou mauvaise période

Sauf que comme la manager nous disait, la haute saison commence dans quelques jours… Ce qui veut dire, mais nous n’y avons pas pensé, les prix augmentent ! Et pas qu’un peu, ici ça passe du simple au double. Ce n’est plus 30$ mais 60$ la nuit. C’est hors de prix et surtout hors de question de payer ce prix là pour dormir en tente. Surtout qu’on n’est même pas sur d’avoir le travail.

Ni une ni deux, météo aidant, on va chercher le soleil plus haut ! On laisse tombé le job et on trace la route vers Adelaide !

La motivation ne remonte pas

Arrivé dans le South Australia, on passe encore quelques jours à chercher. Maintenant, on n’a plus d’objectifs, fermes, hôtellerie ou autres… On veut juste du travail ! Mais malheureusement, la météo ne s’est pas améliorer et le boulot ne se présente toujours pas. Et c’est pas faute de chercher… À peu près 3 heures par jours à éplucher les sites d’offres d’emplois, faire des dizaines de candidatures spontanées, mais toujours rien…

Enfin quelque chose !

L’inattendu est arrivé… Il est 15h, nous recevons un message pour faire un test à 7h demain matin dans une ferme, hourly paid. C’est à trois heures de route d’ici. Il faut prendre la décision rapidement ! Nous ne savons rien de cette ferme mais nous sommes désespérés. Qui ne tente rien, n’a rien ! On prend la route et on avisera !

Nos 88 jours de ferme en Australie d’un coup

LA bonne ferme

Bon vous l’avez compris, nous avons eu raison de faire ces trois heures de route pour un test car ce fût pour la bonne cause ! Mais à ce moment là on ne le savait pas… D’ailleurs, on a su qu’on ferait nos 88 jours de ferme dans cette dernière que une fois qu’on les a fait. Je vous raconte tout ça !

À quoi s’attendre ?

On ne sait strictement rien de cette ferme. On ne sait même pas quels fruits sont cultivés, pour combien de temps il y a du travail, combien d’heures travail peut-on faire… Et d’après l’adresse fournie par l’employeur, sur Google maps, il n’y a que des champs de cultures différentes autour, donc aucun moyen d’en savoir plus.

Mais nous sommes désespérés. Au pire des cas, nous avons vu que dans cette région il y avait pleins de ferme. Si c’est pas bon, on fera du porte à porte !

Premier jour, premières douleurs

Nous savons enfin à quoi nous attendre… En faite, nous sommes tombés dans une petite ferme familiale d’abricots séchés. Nous sommes une petite vingtaine de backpackers, dont la moitié arrivés ces derniers jours.

Le travail est simple, mais très répétitif. Et dans le genre position de mer**, c’est parfait pour te péter le dos ! Au début, ils mettent les nouveaux à séparer les fruits. Tu restes debout sans bouger avec le dos courbé et tu sépare les fruits que la machine n’a bien coupé, à la main.

Je peux vous assurer que les douleurs des premiers jours étaient horribles. J’ai découvert des muscles que je ne soupçonnais même pas. Certains des backpackers ont même abandonné à cause du mal de dos. Même Keuvin, qui a pourtant fait près de 10 ans dans la pêche, a dit qu’il n’avait jamais eu aussi mal à la pêche ! C’est pour dire !

Testé et approuvé

Le cutting shed
Après le passage séparation des fruits, ils commencent à te faire essayer d’autres postes. Le but étant de savoir si tu es capable de t’adapter et si tu es rapide sur chacun des postes. En gros, ils veulent savoir si ils peuvent faire quelque chose de toi !

Le soir de notre test, la manager nous confirme que nous pouvons revenir le lendemain. Cool ! Surtout qu’avec cette journée de travail (8h) on a déjà gagné près de 300$ à deux. Ça change des cerises !

Ensuite, pendant une semaine, nous sommes passés par trois quatre postes avant d’être assigné à un poste en particulier. Keuvin se sera le picking et Ninon, le placement des fruits. Une fois que tu restes au même poste, ça commence à être bon signe pour la suite.

Le temps passe et on est toujours là

Déjà trois semaines que nous sommes ici. La manager nous avait annoncé une semaine à la base, mais nous sommes déjà à trois. Dans une semaine, la fin de saison approche, tout le monde en parle. On sait que c’est bientôt fini.

La quatrième semaine, ils commencent à réduire les effectifs. Keuvin reste au picking, mais Ninon obtient deux jours de congés car le travail au hangar (shed) manque un peu. Quand Ninon revient au shed deux jours plus tard, il ne reste plus qu’une machine sur trois. Mais une nouvelle est montée, celle-ci c’est pour couper les pêches. Oui, il y a aussi des pêches, nous ne le savions pas non plus !

Et le soir venu, la manager nous propose de venir loger chez elle, avec les deux trois backpackers qui restent. En effet, le travail sera plus irrégulier, donc c’est plus simple si on est à côté. On reprend du service, ce n’est pas encore fini pour nous !

Du travail irrégulier, pas tant que ça

Nous aménageons donc dans notre nouvelle demeure. Nous ne sommes plus que six backpackers à travailler dans la ferme. Entre ceux qui sont partis deux même et ceux qui se sont fait congédiés, on en a vu passé, mais on est toujours là !

Maintenant, le travail est plus sympa, toujours aussi répétitif, mais on change pas mal. Car maintenant que les fruits sont séchés, il faut les laver, les trier et les emballer. On change de postes régulièrement. Et surtout, les patrons nous font confiance, ils nous laisse souvent travaillés seuls. Ce qui donne une raison de plus de faire le travail bien.

Trois mois plus tard…

Picking de pêches

Et voilà, trois mois plus tard, nous sommes toujours là ! Nous ne sommes plus que trois : Keuvin, Max (qui a rédigé l’article sur sa saison de ski en Australie) et Ninon.

Le travail n’a pas toujours été régulier ces dernières semaines, mais nous l’avons fait ! On a nos 88 jours de ferme ! Nous pourrions continuer un peu plus dans cette ferme mais il est temps de partir. On a déjà mis beaucoup plus de côté que ce que nous espérions. Il est temps de partir en vacances !!!

Au final, nous avons refilé le plan à deux copains qui étaient en galère de boulot. Ils ont tout de même fait trois semaines là bas !

Le bilan de nos 88 jours de ferme en Australie

Nous ne souhaitions pas faire nos 88 jours, et pourtant nous les avons fait. Et nous ne regrettons pas, si c’était à refaire, on refait sans hésiter. Au delà de la somme qu’on a réussit à mettre de côté chacun (près de 7000$), l’expérience est énorme. On a pu découvrir la vie à la ferme, tout le processus de production des fruits séchés et au niveau humain c’était génial !

Nous avons eu la chance de tomber sur une bonne ferme. Toute la famille était adorable, nous avons pu travailler dans la confiance et la bonne ambiance. C’est sûr, au début ce n’était pas aussi rose, car ce sont des patrons, ils veulent être sûrs que tu bosses bien. Mais une fois la confiance établie, c’était super ! D’ailleurs, on y retourne l’an prochain ! Le travail est dur mais les patrons sont supers !

En tout cas, on vous souhaite autant de chance qu’à nous dans votre recherche !

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